cohabiter en aveugle
Chaque séjour en cécité est une expérience engageante et structurante, composée pour un groupe spécifique, une occasion, un contexte.
Le principe est simple : Passons quelques jours ensemble, sans autre projet que de cohabiter en aveugle.
Les séjours en cécité ne sont pas des Fictions corporelles. Mais, comme elles, ils sont des pratiques de changements de monde. C’est pourquoi vous les trouvez présentés ici.
Aveugle ou témoin ?
Les personnes qui ont habituellement l’usage de leurs yeux peuvent adopter les rôles suivants.
Aveugle volontaire
Vous avez les yeux occultés. Il s’agit de vivre le quotidien : manger, se faire à manger, être en relation avec les autres, se promener, se laver, se coucher, et pourquoi pas utiliser un téléphone, un ordinateur, faire des courses, etc..
Témoin accompagnant
Vous avez les yeux disponibles pour deux fonctions :
– D’une part soutenir dans l’apprentissage de la vie en aveugle celles et ceux qui sont privés de la vue… Cela ne signifie pas les assister en tout !
– D’autre part, être témoin de leur transformation, leur permettre d’en prendre la mesure. Face à l’autre, profondément, mystérieusement autre, c’est aussi l’expérience de se trouver soi-même.
Les rôles tournent après une durée concertée au début du séjour pour chaque personne. Des aveuglements de plus de 100h ont été vécus.
Ces deux rôles sont aussi simples que confrontant. Aussi, il existe un troisième rôle, qui ne demande pas nécessairement l’usage de ses yeux.
Auteur du jeu : garant
Cette proposition se nourrit de ma propre pratique de cécité volontaire, des ateliers d’initiation à l’écholocalisation humaine que je partage depuis 2014, de mon expérience du Mouvement Authentique, et de ma pratique des auto-gestions à travers différents collectifs.
J’ai moi-même adopté la cécité volontaire comme une pratique d’étude en 2013, à travers la rencontre de l’écholocalisation humaine avec Daniel Kish et d’autres enseignants aveugles de World Access for The Blind. L’écholocalisation humaine permet aux aveugles de se repérer avec précision, et leur confère une grande autonomie. Elle ne remplace pas la canne d’aveugle, mais la complète, jusqu’à une centaine de mètres. J’y ai découvert notamment comment changer de monde tout en restant dans le réel. Entrer dans l’invisible au sens littéral, c’est s’ouvrir à ce qui n’est pas visible, et que souvent la vision dissimule.
Même dans le noir, je développe ma vision.
Je suis émerveillée par ces nouvelles sensations !
Qu’allons nous rencontrer ?
Ces séjours en cécité sont inspirés par la qualité des rencontres observées lors des pratiques d’écholocalisation.
De fait, les personnes qui avaient l’usage de leurs yeux se retrouvent dans une perte de repère. Qu’en faire ?
Coopérer au-delà des apparences
La perte de la vision s’accompagne généralement d’un détachement à l’apparence, et cela décomplexe l’entraide. Ces ateliers collectifs sont aussi une école de la coopération. Jusqu’à la construction d’un nouveau langage. Car, comment te dire où j’aimerai aller si tu ne vois pas mon doigt tendu ?
J’ai pu écouter mes frustrations
et
faire des demandes.
J’ai pu affirmer mon intention
et
le groupe m’a suivie !
Faites l’expérience !
Vous souhaitez vivre une expérience engageante et structurante dans un groupe qui vous tient à cœur ?
Vous pouvez faire une demande !